Revue de presse n°63 – 2015 – semaine 26

Le contraste entre ce qui se passe chez nous et ce qui se passe ailleurs, dans des pays qui ont encore assez de jeunesse pour s’adapter avec dynamisme et leadership, ou des pays qui sont condamnés à le faire très vite sous peine de disparaître : chez eux, le temps n’est pas aux discours fallacieux ni à la communication frelatée, mais à l’action, vite et bien. Chacun sa culture.

L’Asie prend son avenir en main. (lien cliquable) Trois industriels asiatiques déjà bien connus, le Taiwanais Foxconn, le Japonais Softbank et l’Indien Bharti Enterprises font alliance pour installer une capacité de production d’électricité renouvelable ( parcs éoliens et PV) de 20 GW (plus que la capacité installée en France). C’est un investissement de 20 milliards de dollars, qui sera principalement destiné à l’Inde. Le groupe Foxconn, qui emploie plus de 1,5 millions de personnes, travaillerait sur un projet de capacité de production de panneaux PV de 40 GW/an, ce qui laisse à penser de la croissance de ce marché et de l’évolution des prix dans les toutes prochaines années. Pendant ce temps, les pionniers allemands, Solarworld, Phoenix Solar et autres Solar Fabrik, (lien cliquable) n’en finissent pas de dépérir, pour ne pas parler des Français. Il faudra donc nous résigner à dépendre toujours plus de l’extérieur, pour des biens aussi vitaux demain que le pétrole aujourd’hui…

Il n’y a pas que les taxis : (lien cliquable) Tout le système électrique français reste en gros fondé sur les principes d’une loi vieille de 70 ans, issue des tractations au sein de la Résistance, pendant la deuxième guerre mondiale. Elle est abrogée, me direz-vous, mais tout a été fidèlement retranscrit dans toutes les lois dites de « modernisation » qui se sont succédées depuis quinze ans. On préserve ainsi tout un échafaudage de privilèges et de baronnies, parfois bien loin de la liberté des marchés et de l’efficacité qu’elle est censée apporter. C’est de plus en plus illisible et réservé aux initiés, et, là comme ailleurs, nos instances dirigeantes nous ont dotés, depuis 2011, d’un code, le code de l’énergie, dans la plus pure tradition napoléonienne que le monde entier nous envie.

Houston (Texas) qui grince, Austin qui rit : « c’est la vie ! ». (lien cliquable) Houston, quatrième ville des USA, a beaucoup misé sur le pétrole de schiste. L’évolution récente des cours sème un sérieux désarroi, mais la ville a d’autres cordes à son arc (spatial, pharmacie). Austin, dont nous avons parlé il y a quelques mois, capitale de l’état, mais beaucoup plus petite que sa voisine, a fait le pari d’une économie sans pétrole, ce qui lui permet de poursuivre sa course sans nuage dans les hautes technologies, valeurs sûres du « nouveau monde ».

La rénovation énergétique des logements : (lien cliquable) Une étude américaine, portant sur un échantillon de 30 000 foyers dans le Michigan, met le doigt où ça fait mal. Le retour sur investissement soit en économie de consommation, soit en réduction des émissions de gaz à effet de serre est illusoire. Les économies d’énergies sur la durée de vie des équipements ne rapportent que la moitié du montant de l’investissement, et chaque tonne de CO2 non émise coûte près de dix fois plus cher que la valeur estimée du coût social du charbon. A méditer, mais les choses peuvent bouger rapidement si la situation se tend : hausse du prix de l’énergie et urgence accrue de la réduction des émissions des GES.

Le Japon à marche forcée dans les énergies renouvelables. (lien cliquable) Suite à l’accident de Fukushima et à l’arrêt de l’ensemble de sa production nucléaire d’électricité, qui représentait plus de 28% du total, le Japon s’est lancé, avec la puissance qu’on connaît, dans le développement des énergies renouvelables, qui n’occupaient qu’une place tout à fait marginale (environ 1%). C’était loin d’être simple, dans un pays qui leur avait plutôt tourné le dos et dont les ressources renouvelables ne sont pas des plus faciles, notamment l’éolien. Il a fallu voter une loi établissant les tarifs de rachat et adapter le réseau pour qu’il puisse accueillir un maximum de renouvelables. En trois ans, ce sont plus de 19 GW qui ont été installés, essentiellement du photovoltaïque, soit environ, au total, trois fois plus que la France (six fois plus de photovoltaïque). Et plus de 70 GW sont approuvés et seront installés dans les mois et les années à venir. Une étape nouvelle sera franchie (lien cliquable) quand les Japonais auront acquis la maîtrise de l’éolien flottant, pour lequel, emblématiquement, ils vont commencer les expérimentations au large de Fukushima Daiichi, là où tout a commencé. Ils s’ouvriront ainsi un énorme gisement éolien, difficile mais indispensable et beaucoup moins dangereux que le nucléaire. Et pourtant, ils pourraient, dès cet été, redémarrer quelques réacteurs, mais rien n’est sûr.

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